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Faut-il continuer à construire des hôtels dans des villes dont le taux d’occupation est inférieur à 80 % ?
La construction de nouveaux hôtels dans des villes où le taux d’occupation moyen est inférieur à 80 % soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations, tant sur le plan économique qu’environnemental et stratégique. À l’heure où les enjeux de durabilité, de rentabilité et de responsabilité sociale sont au cœur des décisions, cette question mérite une réflexion approfondie.
1. Une logique économique de plus en plus fragile
Un taux d’occupation inférieur à 80 % indique généralement que l’offre hôtelière dépasse déjà la demande réelle. Continuer à construire dans ce contexte risque d’entraîner une suroffre, une pression accrue sur les prix et, à terme, une baisse de la rentabilité pour l’ensemble des acteurs. Cette situation fragilise particulièrement les hôtels indépendants et les établissements de taille moyenne, qui disposent de moins de leviers financiers pour résister à une concurrence exacerbée.
De plus, une guerre des prix permanente ne profite ni aux investisseurs ni à la qualité de service, souvent sacrifiée pour maintenir des marges déjà réduites.
2. Un impact environnemental difficilement justifiable
La construction de nouveaux hôtels implique une consommation importante de ressources naturelles : terrains, eau, énergie, matériaux de construction. Dans des zones où l’offre existante n’est pas pleinement exploitée, cet impact environnemental devient difficile à justifier.
À l’inverse, la rénovation de bâtiments existants ou abandonnés représente une alternative plus responsable. Réhabiliter des structures déjà en place permet de limiter l’artificialisation des sols, de réduire l’empreinte carbone et de redonner vie à des quartiers parfois délaissés, tout en répondant aux besoins du marché.
3. Les bâtiments abandonnés : une opportunité sous-exploitée
Dans de nombreuses villes, des hôtels ou bâtiments à vocation touristique sont laissés à l’abandon, faute de vision stratégique ou de moyens financiers. Pourtant, ces structures constituent un potentiel considérable. Leur rénovation peut coûter moins cher qu’une construction neuve, tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable et de valorisation du patrimoine urbain.
Transformer l’existant permet également de mieux adapter l’offre aux nouvelles attentes des voyageurs : hôtels plus petits, concepts hybrides, établissements orientés expérience, bien-être ou tourisme responsable.
4. Une concurrence qui devient contre-productive
La multiplication des hôtels dans des marchés déjà saturés renforce une concurrence parfois malsaine, où la différenciation se fait principalement par le prix plutôt que par la qualité, l’innovation ou l’expérience client. À long terme, cette dynamique nuit à l’image de la destination elle-même, perçue comme banalisée et peu qualitative.
Plutôt que d’augmenter le nombre de chambres, il serait plus pertinent d’améliorer l’existant, de former le personnel, d’élever les standards de service et de développer une offre mieux segmentée et plus cohérente avec la demande réelle.
5. Vers une approche plus responsable et stratégique
Construire de nouveaux hôtels ne devrait pas être une réponse automatique à la croissance touristique supposée. Chaque projet devrait s’appuyer sur une analyse rigoureuse du marché, du taux d’occupation réel, de la saisonnalité et de l’impact environnemental.
Dans les villes où le taux d’occupation est inférieur à 80 %, la priorité devrait être donnée à :
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l’optimisation de l’offre existante,
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la rénovation et la reconversion des bâtiments abandonnés,
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une montée en gamme qualitative plutôt qu’une expansion quantitative,
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une concurrence plus saine, basée sur la valeur ajoutée et non sur la surcapacité.
Conclusion
Continuer à construire des hôtels dans des villes déjà sous-occupées pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. À l’heure des défis environnementaux et économiques, une approche plus raisonnée, durable et stratégique s’impose. Rénover, repenser et optimiser l’existant apparaît aujourd’hui comme une voie plus responsable, plus rentable et plus respectueuse des territoires que la multiplication de nouvelles constructions.
BH2501226
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Article By:
Bernard Houppertz
Bernard Houppertz is a seasoned hotel industry professional with over 25 years of experience. He has received numerous awards for his achievements and has led operations for world-leading Hotel Groups. He served as the Vice President Development & Operations South Asia & Africa at Cygnett Hotels and Resorts, and is also the CEO at FitFinder4.0, a platform designed to help hotels increase their revenue.
