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Là où l’espoir tient encore debout
Bonjour,
Avez-vous passé un bon réveillon ?
Cette question paraît simple. Presque polie.
Pourtant, elle porte en elle tout ce qui nous sépare.
Étiez-vous entourés de vos amis, de vos familles, de musique douce ou festive, de tables débordantes de nourriture, de verres levés à minuit, de cadeaux échangés machinalement, de feux d’artifice illuminant un ciel que rien ne menaçait ?
Avez-vous senti cette chaleur rassurante qui dit que, pour quelques heures au moins, tout va bien ?
Et dans ce moment suspendu, avez-vous pensé à nous ?
Ne serait-ce qu’une seconde.
Une pensée furtive, presque gênante, vite chassée par un rire ou un toast.
À nous que vous avez rendus fragiles.
À nous que vous plongez chaque jour un peu plus dans la précarité en empilant des taxes, des règles, des contraintes, non par nécessité, mais parce que vous êtes incapables de vous remettre en question. Incapables de gérer un budget sans sacrifier les plus faibles. Incapables d’assumer vos erreurs. Et plus encore, incapables de les reconnaître.
Vous gouvernez sans jamais vous demander si vous gouvernez juste.
Avez-vous pensé à nous,
vous qui décidez de la guerre depuis des bureaux feutrés,
vous qui refusez le compromis parce que la paix ne rapporte pas assez,
vous qui ne savez plus vous asseoir autour d’une table pour parler, négocier, résoudre.
Parler demande du courage.
Négocier demande de l’humilité.
La guerre, elle, ne demande qu’une signature.
Dans l’ombre de vos réunions, de vos lobbys, de vos intérêts croisés, il faut bien faire tourner les usines de guerre, écouler les stocks, maintenir la peur, nourrir des profits qui ne portent jamais votre nom.
Avez-vous pensé à nous,
qui ne dormons pas dans des maisons chauffées, ni dans des hôtels protégés, ni dans des palais surveillés,
mais sous des tentes, à la belle étoile, sous la pluie, dans le froid,
sans aide réelle, sans protection durable, sans promesse tenue.
Abandonnés pendant que vous célébrez.
Avez-vous pensé à nous,
enfants de parents qui vous ont élus, qui ont cru en vos discours, en vos promesses, en vos sourires de campagne,
et que vous avez trahis, lentement, méthodiquement,
en pensant d’abord à votre confort personnel,
en votant des lois absurdes qui nous poussent au bord du gouffre,
tout en affirmant que c’est « nécessaire ».
Vous changez les règles quand elles ne vous arrangent plus.
Vous détournez les lois quand elles vous gênent.
Vous piétinez le droit international quand il freine vos ambitions.
Vous parlez de valeurs, mais vous oubliez la valeur de la vie humaine.
Vous vivez dans votre cocon, protégés, déconnectés, aveugles à ce qui se passe dans vos propres pays.
Vous gouvernez des chiffres, pas des êtres humains.
Vous avez créé des guerres inutiles au lieu de vous concentrer sur l’essentiel : nourrir, protéger, éduquer, soigner votre population.
Et pourtant, vous n’allez jamais au front.
Vous ne connaissez ni le bruit des obus, ni l’odeur de la peur, ni les nuits sans sommeil.
Vous ne regardez pas mourir ceux à qui vous donnez des ordres absurdes.
Vous envoyez des hommes et des femmes à votre place.
Des gens ordinaires.
Des gens qui, eux aussi, aimeraient passer un réveillon en famille.
Des gens qui rêvaient simplement de vivre, pas de devenir des héros malgré eux.
Des gens qui ne rentreront jamais.
Moi, je dors sous les bombes.
Je m’endors au son des explosions.
Je me réveille en comptant ceux qui manquent.
Je n’ai pas eu de repas du Nouvel An.
Pas même un simple bol de riz digne de ce nom.
Je n’ai reçu aucun cadeau,
sinon celui, amer, d’être encore en vie.
Je n’ai pas vu les étoiles briller dans le ciel.
Le ciel est trop rouge. Trop noir. Trop dangereux.
Mon seul souci — comme celui de mes parents, de mes amis — n’est pas de célébrer, mais de survivre.
Survivre dans ce monde de fous que vous avez créé.
Dites-moi…
Avez-vous perdu la raison ?
Ou est-ce votre humanité que vous avez abandonnée en chemin ?
Vous avez choisi l’égoïsme.
Vous avez choisi le pouvoir plutôt que la responsabilité.
Vous avez choisi de vous enrichir sur le dos des peuples.
Vous avez choisi de détruire plutôt que de construire.
Quand cela s’arrêtera-t-il ?
Faudra-t-il que ce soit nous, les enfants,
qui vous rappelions que la paix n’est pas une utopie,
mais un choix ?
Je ne peux même pas souhaiter une bonne année 2026 aux miens.
Nous sommes séparés.
Par des frontières.
Par des camps.
Par des armes.
Nous sommes sur le front.
Nous sommes dans la précarité.
Nous sommes dans l’attente.
Et pourtant… malgré tout…
nous continuons d’espérer.
Parce que l’espoir est la dernière chose que vous n’avez pas encore réussi à détruire.
Parce que sans espoir,
il ne resterait vraiment plus rien.
BH050126
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Article By:
Bernard Houppertz
Bernard Houppertz is a seasoned hotel industry professional with over 25 years of experience. He has received numerous awards for his achievements and has led operations for world-leading Hotel Groups. He served as the Vice President Development & Operations South Asia & Africa at Cygnett Hotels and Resorts, and is also the CEO at FitFinder4.0, a platform designed to help hotels increase their revenue.
